Guillaume:chant, guitare
Marie-Eve:chant, piano, guitare
Maxime:basse
Patrick:batterie
"Il n'y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas
entendre."
Molière
Après un détour par le DVD/CD Presque sold
out, enregistré devant public, Vulgaires Machins donne une suite à
l’acclamé Compter les corps (3 nominations au Gala ADISQ et près de
25.000 copies vendues). De nouveau réalisé par Gus Van Go, Requiem pour
les sourds donne vie à toutes les attentes générées par le succès du
disque précédent. Les 13 chansons de ce nouvel album subliment une
formule déjà éprouvée : rythmique implacable, guitares aiguisées au rock
et mélodies contagieuses servent de haut-parleur à des chants
fédérateurs. Guillaume Beauregard (chant, guitare), Marie-Eve Roy
(chant, guitare, piano), Maxime Beauregard (basse) et Patrick Landry
(batterie) continuent de passer au crible les maux et les souffrances de
nos sociétés néo-libéralisées à outrance. Un réquisitoire en règle
contre le règne de la pensée unique, le renoncement collectif et le
consumérisme pathologique (Presque complet, Prêts à tomber, L’Escorte,
Mourir pour le Système) insidieusement servis par l’illusion
démocratique (Mythe de la démocratie, Pointer l’orage). Le groupe étend
sa critique jusqu’à la malbouffe (Texture qui se mange) et à l’industrie
culturelle (Parasites, Une chanson acoustique) mais se révéle aussi
plus introspectif à l’évocation des relations humaines (Longer les murs,
Je m’excuse... je t’aime, Un peu plus fort, Glace noire). Ironique par
vocation, sensible par nature et engagé par conviction, Requiem pour les
sourds élève Vulgaires Machins au sommet de son art.
Au creux
des années 90, une musique estampillée 77 ressurgit grâce à
l’impétuosité de Green Day, NOFX et autre Rancid. Ce séisme californien
secoue le Québec où une formation de Granby se démarque dès 1995.
Vulgaires Machins retient l’attention par ses prestations sur scène. La
bonne réaction du public encourage le groupe à enregistrer ses premières
compositions. La technicité sommaire du studio-maison Beauregard
explique la qualité approximative du démo La Vie est belle. L’oreille
avertie des membres de Grimskunk ne s’en formalise pas. Ces pionniers de
l’alternatif offrent au quatuor de rejoindre leur nouveau label Indica.
Vulgaires Machins dispose enfin d’un soutien à la hauteur de ses
ambitions artistiques lorsqu’il investit le Studio RCA Victor en 1998.
Sa rencontre avec le réalisateur Pierre Rémillard donne naissance à un
prometteur 24-40 (mai 1998). Dans une apparente naïveté, ce disque
crache des diatribes entre tranches de vie et désinvolture pistolienne.
Le groupe bénéficie par ailleurs de la popularité de Grimskunk pour
multiplier les premières parties au Québec. Il gagne progressivement son
autonomie, notamment grâce à la diffusion de son vidéoclip
Anti-dépresseur.
Peu sensible à l’euphorie du nouveau millénaire,
Vulgaires Machins invite au recul sur Regarde le monde (mai 2000). La
complicité avec Pierre Rémillard se précise sur ce deuxième opus qui,
sous des apparences «j’m’en foutiste», surprend de lucidité. Ce regard
alerte incite à briser les frontières. À l’automne 2000, la troupe
s’enrôle dans une tournée européenne (France, Suisse, Espagne) entre
concerts squatés et Transmusicales de Rennes. Au Québec, les foules
grossissent et prennent déjà des airs de consécration en 2001 : Spectrum
puis FrancoFolies de Montréal, Festival d’été de Québec… La diffusion
vidéographique s’accentue aussi avec les extraits Le Ciel est vide et
Petit Patapon. Sans déroger à sa simplicité volontaire, Vulgaires
Machins reste fidèle à des idéaux manifestés en marge du Sommet des
Amériques. Dans une atmosphère d’émeute, il partage la scène de la
contestation sonore avec Propagandhi. Les gaz lacrymogènes se dissipent
au contraire d’opinions qui s’articulent avec maturité sur Aimer le mal
(septembre 2001).
Flanqué de Pierre Rémillard aux manettes et de
Dale Penner aux conseils artistiques, Vulgaires Machins arme sa
discographie avec Aimer le mal. Les compositions s’enrichissent pendant
que la plume s’affirme, devient militante et se débarasse des stigmates
adolescentes. L’identification d’une génération, étampée X ou Y faute de
mieux, est immédiate. Les salles de spectacles sont pleines, la tournée
québécoise s’allonge de supplémentaires et fait plusieurs détours par
la France. Le groupe promène son rock incisif jusqu’aux masses des
grands événements : Woodstock en Beauce, Festival d’été de Québec,
FrancoFolies de Montréal, Fiesta Bérurière de Québec. L’image relaie le
message grâce à une série de vidéoclips (Dieu se pique, Comme une
brique, La Chasse est ouverte, Anesthésie) où se conjuguent esthétisme
et conscience sociale. Suite à cette folle épopée, Vulgaires Machins
s’accorde un temps d’arrêt relatif puisque le décompte est déjà amorcé
pour Compter les corps (août 2006).
Réalisé entre Montréal et
New-York par Gus Van Go, Compter les corps combine avec succès intensité
et quête mélodique. Du même souffle, Vulgaires Machins mûrit son
discours au profit d’une dynamique citoyenne. Dès sa présentation sur
scène, l’album obtient un vote de faveur avec le Prix Miroir Coup de
coeur de l’édition 2006 du Festival d’été de Québec. L’accueil
dithyrambique de la critique fait écho à l’enthousiasme du public. Ce
concert d’éloges ouvre des portes à Vulgaires Machins. Les chansons
Puits sans fond, Compter les corps, Dommage collatéral, Être un comme
percent les ondes radiophoniques et bousculent la hiérarchie des
palmarès. 2007 est l’année de toutes les nominations : Prix Juno («Album
francophone de l’année»), Much Music Video Awards («Best French
Video»), Gala GAMIQ («Meilleur album punk», «Artiste de l’année»), Gala
ADISQ («Album de l’année – alternatif», «Révélation de l’année», «Auteur
ou compositeur de l’année»). Ces marques de reconnaissance officielle
n’assagissent pas pour autant le groupe. Son vidéoclip Anéantir le
dogme, signé par François Avard, subit une censure télévisuelle
court-circuitée par sa large diffusion sur Internet. Avant d’enregistrer
son Requiem pour les sourds, Vulgaires Machins offre à ses fans un
magnifique témoignage de son aventure scénique sur le DVD/CD Presque
sold out (novembre 2008).